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Professionnels ou intermittents ?

mercredi 15 mars 2006 par dinizsanchez

Depuis 2003 que j’ai perdu mon intermittence et pour survivre j’ai comme seul recours d’être sous le système du RMI. J’ai beau travailler, au jour d’aujourd’hui je n’ai toujours pas assez de cachets pour être intermittent : il me manque 50 heures !!! C’est difficile de vivre en étant artiste, mais moi j’essaye déjà de survivre ! Pour manger je récupère un colis hebdomadaire dans une institution de solidarité. Pour payer mon loyer j’ai le RMI + les allocations aide au logement, qui ne couvrent pas sa totalité. J’ai les transports publics gratuits et même un vélo de la ville - merci Toulouse ! J’essaye de donner quelques cours (méthode Pilates - je me suis formé avec Dominique Dupuy au CND) et faire quelques massages (j’ai suivi une formation de massage ayurvédique au Portugal, mon pays natal), pour avoir de quoi payer mes comptes. Mais malgré ça je vis dans la précarité, dans tout ce que ça comprends de destruction morale ! J’ai 3€18 dans ma poche, solde négatif et interdiction de découvert dans mon compte (j’ai été plus de 30 jours à découvert)... sans expectatives de rentrées d’argent ! Sans parler des dettes : 520€ à un ami (pour payer 1 mois de loyer impayé) et 196€ à l’école de conduite où j’avais commencé des cours... et tout cela date déjà de fin 2005... Je n’écris pas tout ça pour que vous faire de la peine ! La peine c’est une émotion qui me répugne ! Mais pour vous dire que je suis danseur professionnel depuis plus de 12 ans, que j’ai crée ma compagnie en 2003, et que j’ai un projet de création pour 2006 (et déjà des idées pour 2007)... et que quand on me dit que je devrais peut-être envisager de changer de métier, de trouver au moins un boulot alimentaire... j’ai envie de commettre un crime !!! (Et là je compatis avec les gens qui sont poussés au crime par précarité) Est-ce que j’ai le temps ? Je cumule les fonctions de danseur, chorégraphe, directeur artistique, administrateur, relations publiques, comédien, praticien de la méthode Pilates, masseur, modèle... et j’essaye d’être actif dans ma vie socio-politique : je suis adhérent au tout neuf syndicat « Chorégraphes Associés » et membre de la commission logistique et de la commission de communication de la Coordination des Intermittent(e)s et précaires de Midi-Pyrénées. Ce qui me met le plus en colère c’est cette idée institutionnelle de tri d’artistes propulsée par cette destruction du statut depuis 2003 : si tu n’es plus intermittent tu n’es plus considéré comme professionnel !!!! Donc l’Art serait-il l’apanage des bourgeois ? Moi je n’ai pas eu de parents riches pour me payer des études dans les meilleures écoles d’Europe ou outre mer ! Et je suis venu m’installer dans un pays étranger résolu à vivre de mon Art, sans pouvoir compter avec des aides familiales, tout simplement parce que mes parents vivent, eux aussi, dans la précarité ! Alors pour ceux qui pensent que l’artiste ne fout rien de ses journées, que c’est un gros faignant qui profite du statut d’intermittent (ou dans mon cas du RMI), j’aimerais qu’ils essayent de se mettre à notre place ! Je vis pour créer. Mais je pensais qu’en 2006 on aurait appris avec le passé et on ne laisserait plus nos artistes mourir de faim, sans attendre leur mort pour reconnaître leur œuvre. Puisque dans l’Art et la Culture est l’héritage qu’on laisse pour les générations futures !


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